Processus électoral : le Député National Jean-Baptiste Kasekwa plaide pour un « cessez-le-feu politique » au Nord-Kivu

Processus électoral : le Député National Jean-Baptiste Kasekwa plaide pour un « cessez-le-feu politique » au Nord-Kivu

Député National élu de la ville de Goma, Jean-Baptiste Kasekwa n’est pas d’accord avec la tenue des élections en République Démocratique du Congo, RDC sans Rutshuru et Masisi, deux territoires de la province du Nord-Kivu. Il l’a fait savoir au cours d’une interview accordée à la presse mardi 17 juillet à Goma.

D’après l’élu de la ville volcanique de Goma, « Aller aux élections sans les territoires de Rutshuru et Masisi c’est légitimer la menace de balkanisation qui pèse sur le pays de la part du Rwanda ». Ainsi, il recommande à toute la classe politique du Nord-Kivu de « décréter un cessez-le-feu politique ». D’après lui, il s’agit là d’une stratégie consistant à s’abstenir des élections, surtout législatives pour mettre pression au gouvernement national et à la communauté internationale afin de combattre la menace de balkanisation dont fait face le pays.

« Est ce que notre priorité consiste à être Député, à être ministre ? Ça ne sert à rien d’être élu Député, d’être ministre si nous perdons le Nord-Kivu, si nous perdons Goma. Ma proposition est simple: que toute la classe politique du Nord-Kivu accepte de décréter un cessez-le-feu politique. Nous disons à la CENI et au gouvernement que nous n’allons pas déposer nos candidatures à la députation provinciale parce que nombreux ont déjà déposé à la députation nationale. Parce que sans Masisi, sans Rutshuru, la députation provinciale n’aura aucun résultat. Nous exigeons que le gouvernement et la communauté internationale fassent des miracles pour libérer ces territoires et c’est possible », a fait savoir ce membre de l’Assemblée nationale.

À ce Secrétaire Général Adjoint du parti politique ECIDé de l’opposant Martin Fayulu de fustiger le fait qu’à nos jours tous les partis politiques et même les activistes des droits de l’homme ainsi qu’acteurs de la société civile sont focalisés sur les élections au lieu de mobiliser la population contre la menace de balkanisation qui pèse sur le pays de la part du Rwanda à travers la rébellion terroriste du M23.

« L’un des dangers que l’organisation de ces élections présente ce que tous les partis politiques, tous les leaders du Nord-Kivu sont focalisés sur les élections et plus personne ne se préoccupe de la libération de Masisi et de Rutshuru. Même les acteurs des mouvements citoyens, ceux qui etaient entrain de mobiliser pour les manifestations, ils sont candidats, ils ne sont plus à mesure de mobiliser. Les animateurs de la société civile pareil. Lorsqu’il n’y a plus de gardien dans le poteau, alors l’adversaire peut marquer. Le Rwanda, les ennemis de l’intégrité territoriale risquent de marquer contre nous. Nous devons faire un choix. Est ce que notre priorité consiste à être député, à être ministre ? », s’est interrogé Jean-Baptiste Kasekwa.

Précisons-le, la population de la ville de Goma au Nord-Kivu a envahie mardi dernier la résidence du Député National Jean-Baptiste Kasekwa pour l’exiger de déposer sa candidature à la prochaine élection législative. Ce, après qu’il ait exprimé sa volonté de ne pas briguer un mandat pendant qu’une partie du territoire national dont Masisi et Rutshuru, deux territoires de la province du Nord-Kivu restent occupé par les rebelles terroristes du M23.

Beni, Philémon Kachelewa

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