Les replis stratégiques qu’ont toujours opéré les Forces Armées de la République Démocratique du Congo (FARDC) face à l’avancée de l’ARC, l’armée de la rébellion de l’Alliance Fleuve Congo-Mouvement du 23 Mars (AFC-M23) en abandonnant des villages et villes entre ses mains énervent certains Congolais et les digèrent très amèrement.
Si l’armée congolaise donne à ces replis stratégiques le sens de ne pas vouloir affronter l’ennemi dans les agglomérations dansément peuplées par crainte de sacrifier des vies humaines, André Alain Atundu ne partage pas cet avis. Cet acteur politique congolais dénonce le refus, par les FARDC, de combattre l’ennemi sous prétexte d’épargner les vies humaines de l’hécatombe. Pour lui, on ne peut pas parler et s’engager dans une guerre tout en refusant de combattre. C’est soit faire la guerre ou ne pas la faire. Il signe et persiste que, dans une guerre, le rôle de l’armée n’est pas de protéger des vies humaines ni de réparer les dégâts collatéraux plutôt que de détruire et de tuer afin que l’humanité répare les dégâts collatéraux y relatifs après.
« Il faut savoir ce qu’on veut dans la vie. Ou on fait la guerre ou on ne l’a fait pas. Lorsque les alliés avaient bombardé Berlin pour la capitulation, ils n’ont pas tenu compte des citoyens qui étaient là bas. En principe, quand vous faites la guerre, ne pensez pas à la reconstruction car ce n’est pas votre rôle. Détruisez, tuez, c’est votre rôle. L’humanité a ses acteurs, la reconstruction a ses acteurs aussi », a dit André Alain Atundu d’un ton très ferme avant de demander au Chef d’état major général des FARDC de revoir sa stratégie étant donné la guerre a trop longtemps duré. Ce qui prouve, selon lui, que l’ancienne stratégie a montré ses limites.
« […]Nécessiteux est pour l’État major de revoir sa stratégie. Puisque, j’ai appris que cette stratégie, depuis un certain temps, les résultats sont un peu performants. Faut-il continuer avec l’ancienne stratégie ou adopter une nouvelle stratégie ?[….] », s’est-il interrogé.
Et de proposer l’assainissement au sein de l’armée régulière en y extirpant les infiltrés et les traites : « Pour une guerre, premièrement il faut se battre, deuxièmement c’est la diplomatie et troisièmement c’est l’humanitaire. Donc pour garantir une position des négociations crédibles, il faut avoir une force dissuasive. Quelle est la composition de notre armée et la composition de notre chaîne de commandement ? Et vous allez remarquer qu’il y a des infiltrés, il y a des traîtres et il faut résoudre ce problème par des sanctions exemplaires. Un traître sait ce qui le mérite et un infiltré sait aussi ce qui le mérite et c’est à ce prix là qu’on se fera respecter et c’est à ce prix là qu’on saura négocier d’une façon fiable et crédible ».
Au terme de sa locution, André Alain Atundu a fustigé le comportement belliqueux de Paul Kagame qui a autorisé ses troupes d’attaquer la ville d’Uvira alors qu’était déjà intervenue la signature d’un accord qui scelle la paix en RDC à Washington. Il considère cela de mauvaise foi de la part du Président Rwandais.
« Une guerre aussi durable, aussi complexe que celle que nous mène le Rwanda ne peut pas se terminer en un jour, par la magie d’une signature ou d’une prophétie de foi. L’attaque d’Uvira est une preuve, s’il l’en est, de la mauvaise foi du Président Kagame qui n’a pas empêché ou interdit à ses troupes d’attaquer une ville alors que nous sommes sous le contrat de paix », a-t-il conclu.
En effet, depuis Juin 2022, la rébellion terroriste de l’AFC-M23 mène une guerre d’agression en République Démocratique du Congo (RDC). Appuyée par le Rwanda, cette rébellion terroriste a déjà réussi à conquérir plusieurs agglomérations et même des villes, notamment Goma, Bukavu et Uvira ; à côté d’énormes dégâts humains et matériels.
Pour rappel, André Alain Atundu occupe actuellement la fonction de expert au sein du Conseil national de sécurité (CNS). Ancien ambassadeur et ex-administrateur général du Service national d’intelligence et de protection (SNIP) sous le régime Mobutu, André-Alain Atundu Atundu a également œuvré dans les services de renseignement sous Laurent-Désiré Kabila. Il a ensuite été porte-parole de la majorité présidentielle sous Joseph Kabila, avant de présider le conseil d’administration de la Société nationale d’électricité (SNEL). À dix mois de la présidentielle de 2023, il avait publiquement rallié le président Félix-Antoine Tshisekedi, rompant avec l’ancien régime. Depuis, il s’est régulièrement exprimé en faveur de l’actuel pouvoir, notamment en dénonçant l’agression contre la RDC dans l’Est du pays.
Beni, Philémon Kachelewa
