À côté de Jean-Baptiste Kasekwa, Député National honoraire et Premier Vice-Président du parti politique de l’opposition « Engagement Citoyen pour le Développement (ECIDé) » et de Frédéric Amani, chercheur associé en sciences politiques et relations internationales à l’Université de Lubumbashi, le Député National Nzanzu Kasivita Carly à, en sa qualité de Vice-Président de la commission défense et sécurité à l’Assemblée nationale et Gouverneur honoraire de la province du Nord-Kivu, été, mercredi 08 avril courant, l’invité de l’émission Dialogue entre Congolais » de Radio Okapi centrée sur le thème : « Quelles sont les attentes de la classe politique et de toutes les couches sociales après l’arrivée du nouveau chef de la MONUSCO en RDC ? ».
Dans l’entame de ses propos, l’élu du territoire de Beni au Nord-Kivu a d’abord salué l’arrivée et l’engagement du nouveau patron de la mission onusienne en RDC.
« […]Je voudrais d’abord saluer son engagement. Je viens de suivre son discours, il a reconnu que la population congolaise, surtout de l’Est continue de payer de lourd tribut, des atrocités de différentes guerres, que ça soit la guerre d’agression Rwandaise, mais aussi les groupes armés et les ADF spécifiquement dans les provinces du Nord-Kivu et de l’Ituri[…] », a salué Honorable Nzanzu Kasivita Carly le nouveau Représentant du Secrétaire général de l’ONU en RDC avant de lui proposer sa recette pour mener à bien son mandat au pays, celle de « réactiver la brigade d’intervention » de la MONUSCO dénommée « FIB ». Pour lui, les structures robustes de la MONUSCO comme celle-là sont très importantes dans l’accompagnement de l’armée régulière dans la traque des groupes armés, tant nationaux que étrangers. À l’en croire, la relance de cette brigade va permettre l’imposition du cessez-le-feu que semble bafouer la rébellion terroriste de l’AFC/M-23 active au Nord-Kivu et au Sud-Kivu.
« […]Nous souhaiterions que des structures assez robustes comme la FIB soient renforcées pour nous permettre, non seulement d’accompagner les FARDC dans la traque des ADF, mais aussi être à mesure de surveiller et d’imposer un cessez-le-feu. Parce qu’il ne va pas être facile de jouer au désescalade si la MONUSCO n’est pas à mesure d’imposer, ne serait-ce que, le respect du cessez-le-feu. C’est à ce niveau que sa personnalité et son expérience peuvent aider la MONUSCO à trouver des moyens supplémentaires ou réactiver les moyens existants pour que la population congolaise comprenne que ce rôle est en train d’être joué pleinement en imposant le cessez-le-feu pour protéger les civils car lorsqu’il y a la guerre, c’est la population qui est victime[…] », a-t-il proposé.
Honorable Nzanzu Kasivita Carly signe et persiste que seule la relance de la brigade d’intervention peut contribuer à la restauration de l’autorité de l’État à l’Est du pays en ce sens qu’il s’agira des unités combatives capables de mener une dissuasion et attaque contre les groupes armés. Il a motivé sa proposition par le fait que la relance de cette structure pourra contraindre l’armée Rwandaise à rentrer dans son pays et à ses supplétifs de déposer les armes au profit de la paix tant recherchée.
« […]En dépit de toutes les contraintes que la MONUSCO peut avoir, il faut qu’on réactive la FIB. Parce qu’en regardant le tableau sécuritaire des provinces du Nord-Kivu, de l’Ituri et même du Sud-Kivu, les contingents normaux de la MONUSCO sont importants, certes, pour la mission de la MONUSCO mais nous souhaiterions avoir des unités assez combatives et nous pensons que s’il y a la FIB, on peut effectivement jouer de rôle de dissuasion et même d’attaque. On peut continuer à appuyer la traque des FARDC en Ituri contre la milice COODECO, les ADF, mais aussi s’assurer effectivement que le respect du cessez-le-feu va être effectif et arriver, évidemment, à faire rentrer l’armée Rwandaise dans son pays et aux supplétifs de déposer les armes[…] », a motivé sa proposition Honorable Nzanzu Kasivita.
En rappel, le nouveau patron de la MONUSCO, James Swan, est arrivé mardi 7 avril 2026 à Kinshasa. Lors de sa première interview accordée à la presse, le nouveau Représentant spécial du Secrétaire général des Nations unies a appelé les Congolais à la solidarité.
« J’arrive avec un message de solidarité à l’endroit du peuple congolais, alors que la situation sécuritaire et humanitaire dans l’Est de la RDC demeure profondément préoccupante et que les civils continuent de payer le plus lourd tribut », a déclaré James Swan.
Il a affirmé placer sa priorité sur la mise en œuvre du mandat de la MONUSCO, qui consiste notamment à la protection des civils, à l’appui à la désescalade et à la création de conditions propices à une paix durable.
Le diplomate onusien a assuré que les Nations unies se tiennent aux côtés du peuple congolais et des institutions de la RDC, dans le plein respect de la souveraineté nationale.
Selon James Swan, il n’existe pas de solution exclusivement militaire à la crise persistante dans l’Est du pays.
Beni, Philémon Kachelewa
