Un an du régime militaire au Nord-Kivu: « Aucun groupe armé n’a été neutralisé » (CUJ Goma)

Un an du régime militaire au Nord-Kivu: « Aucun groupe armé n’a été neutralisé » (CUJ Goma)

Le bilan du Gouverneur militaire reste mitigé après un an à la tête de la province du Nord-Kivu. Malgré la noble volonté du président de la République Démocratique du Congo, Félix Tshisekedi Tshilombo, l’Etat de siège aurait déjà montré ses limites.

Le conseil urbain de la jeunesse en ville de Goma dresse un bilan sombre des autorités militaires au Nord-Kivu. Dans un communiqué de presse rendu public samedi 07 mai courant, le CUJ précise que la période sous État de siège a été caractérisé par plusieurs violation des droits humains et plus précisément des libertés publiques dont les intimidations. Pour le CUJ ville de Goma, le régime militaire n’a neutralisé aucun groupe armé dans la province du Nord-Kivu.

« Un an après, l’heure est au constat que l’état de siège a montré toutes ses limites. Son bilan est très mitigé au-delà de la noble volonté ayant conduit à son instauration :Aucun groupe armé n’a été neutralisé, le M23, qui était déjà presque dans les oubliettes, a ressurgi avec force ;
La période de l’état de siège est, selon des rapports des députés et experts, la plus macabre depuis 2014 dans les provinces du Nord-Kivu et de l’Ituri. En effet, durant cette période, le groupe terroriste ADF a fait plus des victimes comme jamais auparavant.
Dans la ville de Goma et dans d’autres, l’insécurité n’a pas faibli et le kidnapping continue à faire des ravages partout ; les meurtres, les assassinats et les vols à mains armés…continuent toujours ; le programme DDRCS n’est toujours pas effectif et est entravé par la résurgence du M23 ;
Les violations des droits de l’homme, les arrestations arbitraires des députés tant nationaux que provinciaux et des militants, les condamnations expéditives, ont été monnaie courante durant cette période de l’état de siège ; la stigmatisation des populations de l’Est du pays par des véreux politiciens s’est accentué. Déjà victime des décennies de violence, la population a été traité de complice des groupes armés qui la pillent et violent femmes et enfants chaque jour.
Il nous semblerait aussi que le contenu « état de siège n’a pas été assez bien défini » explique le document.

La population a rêvé aveuglément un deuxième Mamadou?

Instaurée depuis le 06 mai 2021 par le président de la RDC, Félix Tshisekedi dans les provinces du Nord-Kivu et de l’Ituri, l’Etat de siège semble n’avoir pas eu des bons animateurs. Le lieutenant-General Ndima Kongba Constant aurait mis en côté l’objectif majeur de cette mesure exceptionnelle. La grande attente de la population était le retour de la paix et la restauration de l’autorité de l’Etat sur toute l’étendue de la province du Nord-Kivu. Ici, l’on attendait la neutralisation de tous les groupes armés locaux et étrangers. Visiblement, l’autorité provinciale s’est beaucoup focalisé à la maximisation des recettes (qui ont doublé depuis son arrivée à la tête de la province).

Sur ce, le conseil urbain de la jeunesse en ville de Goma demande à toute la classe politique dev cesser de politiser les questions sécuritaires pour des fins électoralistes et de positionnement. Le Conseil Urbain de la Jeunesse de Goma:

  1. Demande la libération de tous les prisonniers d’opinions arrêtés injustement pour avoir critiquer l’état de siège (voir liste en annexe).
  2. Demande la levée de l’état de siège et le retour en place des administrations civiles. Cela afin de permettre aux militaires de se concentrer sur les opérations militaires qu’à toutes autres choses et de les accentuer.
  3. Demande au gouvernement de la République de doter les FARDC de tous les moyens nécessaires pour leur permettre de mettre hors d’état de nuire toutes les forces négatives sévissant dans le Nord-Kivu, en particulier.
  4. Demande à toute la classe politique Congolaise de cesser de politiser les questions sécuritaires pour des fins électoralistes et de positionnement. L’insécurité n’a pas de camp politique ; elle touche et affecte tout le monde et freine la prospérité de tout le pays. A ce sujet, toute campagne de découragement des militaires au front ou d’intoxication des citoyens contre leur armée est à bannir et à condamner. Les FARDC sont un élément fédérateur de notre nation et demandent donc un soutien de tous.
  5. Demande au gouvernement de la République et à tous ses partenaires de s’impliquer à rendre effectif le programme DDRCS et à y désigner des acteurs compétents, légitimes et inclusifs.
  6. De mettre en place un programme de justice transition, mêlant justice pour les commanditaires, auteurs des crimes et les seigneurs de guerre et réconciliation nationale des populations qui partira de la base.
  7. De maintenir des relations de bonne foi et sans hypocrisie avec le pays au niveau de la région en toute intelligence et en privilégiant la protection de la population congolaise et des intérêts de la RDC.

Pour le moment, le chef de l’Etat congolais envisage une table ronde pour étudier l’avenir de l’Etat de siège au Nord-Kivu et en Ituri.

Magloire Tsongo depuis Goma

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