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Parmi les matières inscrites à l’ordre du jour de la session extraordinaire d’ouverture de la législature 2024-2028, récemment convoquée au Sénat et présentement en cours, figure l’installation du bureau définitif.

Cependant, la question de la composition de ce bureau suscite ces jours-ci de nombreux débats dans l’opinion alors que les travaux de la Commission spéciale chargée d’élaborer le nouveau Règlement Intérieur se sont déjà clos et le rapport déjà remis au bureau provisoire de cet organe délibérant. À ce stade, le partage équitable et équilibré, principe cher au politique congolais depuis les années 60, à refait surface.

Si à la chambre sœur, l’assemblée nationale, tout tournait au mois de mai autour du partage de sept postes du bureau entre partis, regroupements et provinces, au senat, les déclarations fracassantes et à caractère géo-politique sur les postes à pourvoir, sont donc à la base de vives discussions et polémiques.

À part le poste de Président pour lequel une sorte d’unanimité est entrain de se dégager pour le Premier Ministre honoraire Sama Lukonde, bien que certains caciques de l’UDPS n’ont pas encore dit leur dernier mot, deux autres postes au bureau suscitent une vive tension, à savoir le poste de Questeur et celui de Deuxième Vice-Président.

À la questure, trois grosses pointures se disputent le poste. Il s’agit de la Sénatrice Carole Agito qui était déjà Questeure au cours de la législature écoulée, du Sénateur Mukengeshayi Topin (ancien Assistant du Président) que d’aucuns présentent même comme le
Candidat du Chef de l’Etat et de l’actuel benjamin du Sénat, membre du bureau provisoire, Paulin du Ministre d’état Guy Loando qui le soutient âprement pour occuper le poste de Questeur. Pour ce poste, la bataille est rude étant donné l’enjeu qu’il représente à savoir la gestion des finances du sénat, soit environ 10 millions de Dollars Américains par mois.

Pour le poste de Deuxième Vice-Président, réservé au bloc provincial du Kivu, deux candidatures s’affrontent à savoir l’honorable Modeste Bahati Lukwebo qui, on ne sait pour quelle raison, tient à occuper ce poste après avoir été Président du Sénat durant la dernière législature et le sénateur Vunabandi Célestin, élu du Nord-Kivu qui aurait le soutien de toute l’élite politique de sa province. Après l’échec de l’hon Mbusa Nyamwisi qui était candidat Deuxième Vice-Président au bureau de l’Assemblée Nationale et qui avait été évincé au profit du patriarche Christophe Mboso, le Nord-Kivu n’entend plus se laisser encore évincer. Pour une fois, le Nord-Kivu est uni et mobilisé comme un seul homme derrière son candidat Vunabandi Célestin qui ne manque pas d’arguments pour convaincre ses collègues, un brillant sénateur qui a fait ses preuves à la tête de l’ECOFIN du Sénat au cours de la dernière législature, il dispose d’une longue expérience parlementaire, après avoir été élu deux fois Député National puis deux fois au Sénat. Face à lui, Modeste Bahati Lukwebo est un poids lourd mais certainement affaibli et handicapé par sa gestion opaque des finances et de l’administration du Sénat au cours de la législature passée. Il risque certainement de subir un vote sanction.

Il faut espérer que les sénateurs Modeste Bahati Lukwebo et Vunabandi Célestin qui étaient pourtant des grands alliés au cours de la dernière législature trouveront une entente pour promouvoir une seule candidature au profit du Kivu.
Là dessus, les observateurs estiment que le Sénateur Bahati Lukwebo devrait céder au profit de son jeune frère
Kivutien, l’hon Vunabandi Célestin qui aurait été d’un grand soutien pour lui au cours de la législature passée. À ce sujet, il est demandé à Bahati Lukwebo de faire preuve de « Faire Play politique et de l’élégance politique. Pour ce, dans le but de faire mieux davantage et continuer de rendre à la nation congolaise des services attendus, les fils et les filles du Kivu, attendent un sang nouveau au niveau du bureau définitif du sénat. Comme le Sud-Kivu est suffisamment servi (avec un Président de l’assemblée nationale et plusieurs ministres), l’honorable Modeste Bahati Lukwebo est invité de désister en faveur de son jeune frère du Nord-Kivu. Les citoyens congolais vivant dans le Kivu ne veulent donc plus suivre le scénario vécu aux élections primaires au poste du Président de l’assemblée nationale où deux fils de la même communauté et de la même province s’étaient opposés pour un même poste.

Ainsi, au regard de la configuration actuelle de l’Union Sacrée de la Nation et de la façon dont les différents postes ont été occupés au sein du gouvernement Suminwa et du bureau définitif l’assemblée nationale, des déclarations allant dans l’orientation de la manière dont les postes doivent être occupés au bureau définitif du Sénat rivalisent d’ardeur dans les camps des leaders politiques, représentants et défenseurs de leurs provinces respectives. D’où, tenant compte de cette réalité, la province du Nord-Kivu réclame sa représentativité au sein du bureau définitif de cet organe délibérant. Pour nombreux leaders de cette partie du territoire national, il est tout à fait légitime qu’un poste soit attribué à la province du Nord-Kivu.

A ce sujet, les voix qui se lèvent martelent qu’il est impératif que, les autres provinces de l’Est ayant été suffisamment servi à travers d’autres institutions dont le gouvernement central et l’assemblée nationale, qu’il n’y a pas d’inconvénient si un fils du Nord-Kivu se retrouve au bureau définitif du Sénat.

Aussi, dans la perspective de ne plus assister à des spectacles scandaleux, comme ce fut le cas à l’époque de la législature passée, où le Nord-Kivu n’était toujours pas représenté dans les bureaux de deux chambres du parlement, il est recommandé que cette erreur de procédure soit corrigée pour cette législature.

En outre, considérant le fait que la République Démocratique du Congo, dans sa partie Est, est confrontée à une insécurité cruelle perpétrée par l’armée Rwandaise à travers ses supplétifs du M23, d’un côté et par les terroristes ADF, de l’autre côté, il est de bonne foi que le Nord-Kivu ait un de ses fils au bureau définitif du sénat qui aura la latitude de porter très haut son calvaire et son cris de détresse.

Bien plus, au nom de la collaboration institutionnelle, il sera beaucoup plus aisé pour le senat de confier des missions de responsabilité à un fils du Nord-Kivu pour dissiper tout ce qui s’apparente à une discrimination et marginalisation.

Par ailleurs, étant donné que le sénat est soucieux, non seulement du développement, mais aussi de l’éradication de l’insécurité à l’Est et qu’il en a fait son cheval de bataille, un fils venant du Nord-Kivu pourra valablement servir d’interface entre l’institution chambre haute du parlement et le Nord-Kivu.

Tout comme à la chambre basse du parlement, conformément à l’article 111 de la Constitution, le bureau définitif du Sénat est aussi composé d’un Président, un Premier Vice-Président, un Deuxième Vice-Président, un Rapporteur, un Rapporteur adjoint, un Questeur, et un Questeur adjoint. Ils sont tous élus par leurs collègues sénateurs pour un mandat de 5 ans et exercent des prérogatives bien précises assignées à chacun.

En effet, le Sénat est le garant du respect du principe de l’unité dans la diversité, le trait d’union entre le pouvoir central, les entités territoriales décentralisées et les provinces dont il en est l’émanation.

Aux termes de l’article 100 de la Constitution, il a pour mission de légiférer, de contrôler le Gouvernement, les entreprises publiques, les établissements et les services publics. Parmi ces deux missions, la plus urgente, c’est le vote des lois visant l’amélioration des conditions de vie du peuple congolais.

En guise de rappel, à l’issu des dernières Sénatoriales au Nord-Kivu, Célestin Vunabandi Kanyamihigo, Shabani Lukoo Bihango Jacquemain, Kasereka Katokolyo Jean-Marie et Kasereka Machozi Papy étaient élus sénateurs par les députés provinciaux. Leurs voix avaient variées dans l’intervalle compris entre 9 et 6 voix. Les deux premiers sont issus de la partie sud de la province du Nord-Kivu et les deux derniers de la partie nord. Leurs mandats avaient été validés le 16 juin dernier.

Beni, Philémon Kachelewa

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