RDC : « Mettre en place un gouvernement de résistance », l’une de 15 propositions du député Jean-Paul Lumbulumbu pour faire face à l’agression étrangère et à l’activisme des groupes armés internes au Nord-Kivu

RDC : « Mettre en place un gouvernement de résistance », l’une de 15 propositions du député Jean-Paul Lumbulumbu pour faire face à l’agression étrangère et à l’activisme des groupes armés internes au Nord-Kivu

Le député provincial du Nord-Kivu, Maître Jean-Paul Lumbulumbu a animé, samedi 18 février 2023, un point de presse à Goma. Au cours de cet échange avec les chevaliers de la plume locaux, nationaux et internationaux, l’élu du territoire de Lubero a fait le contour de la situation sécuritaire qui prévaut ces derniers jours sur l’ensemble de la province du Nord-Kivu avec un accent particulier sur l’agression Rwandaise sous couvert du M23, l’activisme de la rébellion ADF et des groupes armés locaux. De l’évaluation aux propositions passant par les conséquences liées à cette guerre imposée à la République Démocratique du Congo (RDC) par son voisin du Rwanda, en tout cas Honorable Jean-Paul Lumbulumbu a tout dit.

S’agissant de l’évaluation, ce membre de l’Assemblée provinciale en congé forcé du Nord-Kivu a déploré la poursuite des attaques meurtrières des positions des FARDC et l’occupation de plusieurs localités dans les territoires de Rutshuru, Nyiragongo et Masisi par l’armée Rwandaise sous couvert du M23, la poursuite des tueries des civils à Beni par les rebelles de forces démocratiques et alliés (ADF) et l’activisme à outrance des groupes armés dans la territoire de Lubero. À Rutshuru, Nyiragongo et Masisi tout comme à Beni, Maître Jean-Paul Lumbulumbu a fustigé l’immobilisme des troupes armées de l’EAC et de l’UPDF avant de décrier la crise humanitaire qui frappe de plein fouet les populations de toutes les entités ci-haut mentionnées.

« […]Poursuite des attaques meurtrières des positions des FARDC et l’occupation de plusieurs localités dans les territoires de Rutshuru, Nyiragongo et Masisi par l’armée Rwandaise dissimulée derrière le M23, et ce, en violation des conclusions des sommets et mini sommets de Nairobi et de Luanda, l’adhésion de la RDC à l’EAC par le vote d’une loi de ratification du 09 juin 2002 ne fut qu’une volonté imposée par l’ex CNDP en 2009 à travers l’article 4 du projet de l’accord du 23/03/2009 avec le gouvernement ; l’article 4 du traité de l’EAC lui donne le pouvoir dans les Etats membres d’acquérir, de détenir, de gérer et de céder les terres ou d’autres propriétés, de rester en justice et d’être poursuivis devant les tribunaux à son nom propre ; l’inexécution du mandat offensif par la force régionale de l’EAC contre le M23/RDF; la poursuite des tueries des populations y compris la commission des actes terroristes (pause des bombes) par les ADF dans le territoire et la ville de Beni ; l’immobilisme des troupes Ougandaises UPDF invitées pour des opérations conjointes avec les FARDC contre les rebelles ADF dans le territoire de Beni ; l’activisme à outrance et affrontements réguliers des groupes armés internes dans la partie Nord du territoire de Lubero et particulièrement dans la collectivité chefferie des Baswagha, occasionnant le déplacement des milliers des populations dans les localités avoisinantes et la crise humanitaire », c’est de cette façon qu’a évalué la situation sécuritaire du Nord-Kivu l’élu du peuple.

Après avoir peint ce tableau sécuritaire et humanitaire très sombre en province, Honorable Jean-Paul Lumbulumbu est revenu sur les conséquences socio-économiques liées à cette guerre imposée aux populations de l’Est du pays par des rébellions étrangères et internes. Il a notamment évoqué : « la fermeture et arrêt des activités de plusieurs entités économiques et industrielles dans les zones occupées par l’armée Rwandaise avec le risque de renvoi de plusieurs milliers des travailleurs au chômage suite à l’inactivité économique(1) ; le manque à gagner pour la fiscalité nationale et provinciale qui, suite à l’inactivité des plusieurs entités économiques occupées souffrent déjà de la diminution des recettes(2) ; l’envahissement et montée vertigineuse des prix des produits fabriqués par les pays membres de l’EAC dont le Rwanda, l’Ouganda dans les marchés du Nord-Kivu en disparition de plusieurs produits fabriqués par les entreprises congolaises(3) et la coupure des voies de communication et d’approvisionnement notamment les axes Goma-Rutshuru-Kanyabayonga-Butembo et Goma-Kichanga-Butembo(4) ».

Pour finir complètement avec cette insécurité grandissante qui secoue la province du Nord-Kivu et répondre à la crise humanitaire à laquelle sont confrontées les populations de cette partie du territoire national, Honorable Jean-Paul Lumbulumbu a formulé des propositions à l’endroit, à la fois, du Président de la République et du peuple Congolais. S’adressant au Chef de l’État, il lui a proposé : « d’activer la diplomatie, à tous les niveaux, pour obtenir la condamnation du Rwanda comme agresseur de la RDC au sein du Conseil de sécurité de l’ONU, de l’Union Européenne et de l’Union Africaine(1) ; d’ordonner le retrait de la force régionale de l’EAC dans les zones sous sa tutelle en faveur des FARDC, si non d’amorcer la procédure du retrait de la RDC au sein de l’EAC(2) ; de réactiver les opérations militaires dans la région de Beni, les camps des ADF étant bien identifiés par les notables locaux(3) ; d’établir son quartier général à Goma pour encourager les FARDC ainsi que la résistance populaire contre la balkanisation et commander de près les opérations sur les fronts militaires(4) ; de renforcer, sur le plan logistique, moral et en effectif, les FARDC y compris le paiement d’une prime de guerre conséquente(5); de convoquer urgemment la table ronde en vue de l’évaluation de l’efficacité de l’État de siège(6) ; de réaménager le gouvernement central et mettre en place un gouvernement de la résistance(7) ; de prendre des mesures appropriées pour la protection de l’économie provinciale et des entités industrielles menacées de fermeture suite à l’occupation du M23/RDF(8); d’accorder des allègements fiscaux aux opérateurs économiques et victimes des affres de la guerre des ADF et du M23(9) et de pacifier et sécuriser les territoires non occupés en approchant les groupes armés internes en vue de leur adhésion au programme DDRCS(10) ».

Honorable Jean-Paul Lumbulumbu a, en fin, appelé le peuple Congolais à: « la résistance générale contre l’exécution d’un plan de balkanisation de l’Est de la RDC (1); l’enrôlement massif dans les centres d’enrôlement accessibles (2); renforcer la vigilance et la collaboration civilo-militaire en vue de conjuguer des efforts ensemble pour mieux vaincre l’ennemi (3); limiter toute information relative aux offensives militaires dans les réseaux sociaux et ne pas se faire le lit de l’ennemi (4) et faciliter dans la vigilance, l’acheminement de l’assistance humanitaire aux déplacés internes en détresse ».

Malgré le régime exceptionnel de l’État de siège décrété depuis près de deux(2) ans par le Président de la République pour, dit-il, pacifier la partie Est du pays dont le Nord-Kivu et l’Ituri, la situation sécuritaire s’est plutôt gravement dégradée. Et aussi en dépit du congé leur imposé par ce régime d’exception, Maître Jean-Paul Lumbulumbu reste l’un des rares députés provinciaux qui donnent leurs voix pour, non seulement dénoncer et condamner l’agression du pays par des rebellions étrangères et l’activisme des groupes armés internes, mais également donner des pistes de solution.

Philémon Kachelewa

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