Nord-Kivu : le député Éric Kamavu dit être informé d’un plan de pillage de la ville de Butembo par certains militaires et interpelle l’autorité urbaine, seul comptable de la gestion de l’entité

Nord-Kivu : le député Éric Kamavu dit être informé d’un plan de pillage de la ville de Butembo par certains militaires et interpelle l’autorité urbaine, seul comptable de la gestion de l’entité

L’élu de la ville de Butembo au Nord-Kivu l’a fait savoir à l’issue d’une interview exclusive accordée au confrère Patient Akilimali de la radio locale ELIMU. D’après Éric Kamavu, les informations à sa possession font croire que certains militaires au sein de l’armée régulière préparent un pillage systématique en ville de Butembo. À cette occasion, il les a appelé à abandonner un tel projet qui risque de plonger la ville dans un chaos indescriptible et à conduire à l’interpellation des commandants des unités concernées.

« Nous sommes au courant aussi de tout ce qui se dit au sein de l’armée et le projet de certains militaires qui se préparent à piller la ville de Butembo. À tous et à chacun nous demandons d’abandonner ce sale projet car ça ne nous amènera nulle part. Certains commandants d’unités concernés seront interpellés pour dénoncer les auteurs de ce forfait commis », a-t-il alerté

Tout en invitant la population à la dénonciation des cas suspects, surtout quand un groupe de bandits en tenues civiles et munis d’armes à feu est entrain d’opérer dans la ville, ce haut cadre du parti politique RCD/K-ML demande au maire de la ville de Butembo de saisir la balle au bon et de prendre ses responsabilités en mains, étant donné qu’il est le seul comptable de la gestion de son entité.

« Je demande au maire de la ville de Butembo de ne pas baisser les bras et de prendre la situation en mains car c’est à lui qu’on demandera le bilan de la gestion de la ville. Les bouclages et perquisitions ne doivent pas être permanents ou chroniques. Ils doivent être classiques, ils doivent respecter les normes. L’armée et la police conjointement doivent être accompagné des Chefs de quartiers, de cellules et d’avenues. La perquisition ne doit pas être une occasion de pillage des boutiques, d’extorsion des biens de valeur de la population tels que l’argent, les téléphones, les motos, les radios. On ne doit pas demander des factures ou des taxes parcellaires lors des perquisitions. On est à la recherche des ennemis et des armes à feu. Ce n’est pas à cette occasion qu’on doit violer les femmes. C’est pourquoi l’opération doit être programmée par le maire de la ville, les chefs de quartiers en collaboration bien sûr avec l’armée », a suggéré le député national Éric Kamavu.

En effet, depuis quelques mois, rien ne va entre les services de sécurité et la population de la partie nord de la ville de Butembo au Nord-Kivu. Les deux partenaires s’accusent mutuellement. Les services de sécurité notamment l’armée et la police accusent la population de cette partie de la ville de collaborer avec des forces rebelles et de paralyser la ville par des manifestations intempestives et spontanées. Pour sa part, la population de cette partie nord de la ville, non seulement s’oppose à l’installation de plusieurs positions militaires à travers la ville, mais également accuse les services d’être auteurs de plusieurs abus des droits humains notamment des cas de vol, viole, extorsion et autres. Pourtant appelé à vivre ensemble dans un mariage civilo-militaire étroit, les deux parties en face se regardent désormais en chiens défaillants. Situation qui préoccupe au plus haut niveau les acteurs politiques et sociaux de cette ville commerciale qui craignent éventuellement le pire.

Philémon Kachelewa

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