Ituri: « Ne plus s’attaquer aux édifices publics et privés », engagement pris par la milice FPIC et salué par Général Peter Chirimwami qui invite la population à « quitter les camps des déplacés »

Ituri: « Ne plus s’attaquer aux édifices publics et privés », engagement pris par la milice FPIC et salué par Général Peter Chirimwami qui invite la population à « quitter les camps des déplacés »

Un dialogue interactif et démocratique s’est tenu, samedi 19 août courant, à Kunda, Chef-lieu de la chefferie des Babelebe en territoire d’Irumu au Nord-Ouest de la ville de Bunia. Deuxième à s’organiser dans le cadre de recherche de la paix dans cette partie de la province de l’ituri, ce cadre d’échange a mis autour d’une même table la 32ème région militaire, les autorités territoriales, les leaders du groupe armé Front Patriotique et Integrationniste du Congo (FPIC) et la communauté Bira.

À l’issue de ce dialogue, le FPIC s’est engagé à ne plus s’attaquer aux édifices publics et privés ainsi qu’aux activités humanitaires sur tout l’ensemble des entités Bira. Kakani Bakoso, qui s’est livré au micro du confrère Gabriel Ekambu au nom du mouvement entant que porte parole a tapé du poing sur la table avant de promettre des poursuites judiciaires à l’endroit de tout Notable et leader communautaire qui agirait en complicité avec les groupes armés dans la commission des forfaits. Il a précisé encore que son groupe armé prend désormais l’engagement de garantir la libre circulation et d’expression des acteurs politiques de tout bord, sauf en cas des dérapages.

« […]Tout Notable, acteur politique, leader communautaire et incitateur d’une des entités Bira qui serait en connivence avec les groupes armés dans la commission des forfaits doit être arrêté et jugé conformément aux lois de la République Démocratique du Congo en vigueur. Le groupe armé FPIC accepte de laisser libre passage aux acteurs politiques et de dénoncer les leaders politiques qui diaboliseraient les autres acteurs afin de battre campagne lors de ce processus électoral de 2023. Toute attaque contre les édifices publiques et privées (écoles, hôpitaux, centres de santé, églises, marchés, bureaux administratifs, maisons d’habitation ou troubles à la rentrée scolaire de 2023-2024, les actions humanitaires et des initiatives de paix est considérée comme crime de guerre ou crime contre l’humanité », a prévenu, au nom du mouvement FPIC, Monsieur Kakani Bakoso qui en est porte parole.

Les engagements pris par le groupe armé FPIC ont été vivement salués par le Général Major Peter Chirimwami, Représentant du Gouverneur de province à ces assises. À cette occasion, l’Officier Supérieur de l’armée a demandé tous les déplacés de guerre à pouvoir quitter les camps et de regagner leurs milieux de provenance respectifs. Ce, pour bâtir ensemble les entités Bira.

« Ce qu’on a plus félicité c’est l’engagement aussi des FPIC à respecter tous les engagements pris à Aru et sollicité à ce qu’on puisse aussi faire un dialogue intercommunautaire entre les Lori et les Unana, entre FPIC et l’UDRPC pour que la paix revienne définitivement dans ces entités. Avec le dialogue et la volonté de tous, tout est possible. Le message à la population est dès lors qu’on a la garantie et les engagements des FPIC et de tout le monde, ce qu’on demande à la population c’est de pouvoir maintenant quitter les camps des déplacés, rentrez chez eux et suivons ensemble comment on va rebâtir les entités Bira. On demande à la population de nous accompagner et de s’approprier tous les engagements qui sont entrain d’être fait », a plaidé Général Major Peter Chirimwami.

Présent à cette activité, Monsieur Kukwabo Bahati qui a parlé au nom de la notabilité locale, a fustigé la communautarisation et la tribalisation de l’éducation. Il s’est, non seulement opposé à cette pratique de la part de certains responsables de l’éducation, mais a également plaidé pour le retour des écoles qui s’étaient déjà déplacées.

« La première des choses, c’est de comprendre qu’une école ne doit pas être tribale, une école doit être pour tout le monde. Déplacer une école parce qu’on prétend que de l’autre côté je ne serais pas bien accueilli, là je crois que ça ne va pas. Donc nous faisons tout pour remettre la population en confiance et que les enseignants aussi reviennent en cette confiance. Qu’ils comprennent qu’une école reste une école ouverte pour tout le monde. Donc ce n’est pas nécessaire de déplacer une école parce qu’il y a insécurité, mais plutôt nous luttons contre cela. Avec les accords signés ici, je pense qu’on ne devrait plus revenir sur les cas pareils. Un enseignant reste un enseignant. Pour un enseignant, sa communauté c’est la science. Pour un enseignant, on ne voit pas la tribu mais l’enseignement est donné à tout le monde et de façon indistinctement », a fait savoir Monsieur Kukwabo Bahati qui a parlé au nom de la Notabilité locale.

Rappelons que ce dialogue est le deuxième à se tenir dans l’objectif de rechercher la paix et la cohabitation pacifique entre tribus en Ituri. Il s’est tenu après celui organisé, jeudi de la semaine dernière, au village Mwanga dans la Chefferie des Babao. Ces assises bénéficient de l’appui financier du Fonds de Cohérence pour Stabilisation, implémenté par l’Organisation Internationale de Migration.

Beni, Philémon Kachelewa

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