Guerre du M23: Après sa question au Ministre des affaires sociales sur la gravité de la situation humanitaire des déplacés, le Sénateur Célestin Vunabandi adresse des recommandations au gouvernement

Guerre du M23: Après sa question au Ministre des affaires sociales sur la gravité de la situation humanitaire des déplacés, le Sénateur Célestin Vunabandi adresse des recommandations au gouvernement

La province du Nord-Kivu à l’Est de la République Démocratique du Congo (RDC) connaît depuis plusieurs années un regain de violences imputées notamment aux rebelles terroristes du M23. Une situation qui a poussé de nombreuses personnes à quitter leurs villages.

Les uns cantonnés dans des camps et d’autres reçus dans des familles d’accueil, ces déplacés se retrouvent alors dans des conditions humanitaires critiques où ils manquent d’assistance. Leur situation humanitaire se dégrade jour après jour sous le regard narcissique du gouvernement congolais qui peine à les offrir ne fût-ce que des nécessaires pour leur survie.

Hormis le nombre de sans abri qui ne cesse de grimper, ces nécessiteux sont également confrontés aux difficultés d’accès aux vivres et non vivres ainsi qu’à l’accès aux soins de santé. Par conséquence, plusieurs d’entre eux perdent leur vie suite au manque d’une bonne prise en charge alimentaire et médicale.

Face à la gravité de la situation humanitaire de ces déplacés, le Sénateur Célestin Vunabandi a adressé, mercredi 18 octobre 2023, une question orale au Ministre National des affaires sociales et actions humanitaires. Dans le document qu’il a intitulé: « Problématique de l’aide aux déplacés de la guerre du M23 », se basant sur les éléments de renseignements recueillis à l’issue des visites effectuées dans cette partie du territoire national, l’élu des élus du Nord-Kivu a commencé par peintre, à l’intention de ce membre du gouvernement concerné et de ses paires, le tableau sombre de la situation humanitaire jugée de « catastrophique » que traversent les milliers de déplacés environnant la ville de Goma.

« […]Je me fais le devoir de vous adresser la présente question à rapport avec l’objet bien repris en concenrne. Monsieur le Ministre, lors de mon dernier séjour dans ma circonscription électorale du Nord-Kivu, plus précisément à Goma, j’ai pu effectuer quelques visites dans les camps de déplacés autour de la ville de Goma et j’ai réalisé la gravité de la situation humanitaire précaire que traversent les milliers de déplacés de la guerre RDF-M23. D’après les renseignements collectés sur terrain, les déplacés seraient abandonné quasiment à leur triste sort, exposer à toute sorte d’intempéries et de ne pouvoir compter que sur la bonne volonté de quelques agences humanitaires », a-t-il relaté.

Président de « Action pour un Congo Nouveau (ACN) », parti politique membre de la mega plate-forme politique « Union Sacrée de la Nation », Honorable Célestin Vunabandi a profité du haut de la tribune du sénat pour, non seulement dénoncer le désordre et le clientèlisme dans la distribution de la modeste assistance, mais aussi pour relayer la dénonciation de la société civile qui accuse certains acteurs politiques du détournement d’une partie des vivres et non vivres alloués aux déplacés au profit de leurs fondations respectives; façon pour eux de baliser le terrain à prélude des élections qui s’annoncent pour bientôt.

« De manière particulière, les délégués de la société civile que j’ai eu à rencontrer stigmatisent l’absence de visibilité de votre ministère qui interviendrait de manière irrégulière et dont l’assistance modeste en vivres et non vivres se ferait chaque fois dans le désordre et dans le clientèlisme, sans identification préalable des bénéficiaires. Ce qui occasionne des cas de détournement par certains responsables de sites en complicité avec quelques agents de votre ministère. La société civile accuse aussi certains politiciens qui, en complicité avec des agents de votre ministère, soutirent une partie de l’aide humanitaire au profit de leurs fondations », a révélé l’élu des élus du Nord-Kivu.

Appelant le Ministre de tutelle à appréhender l’étendue de ses responsabilités au regard du niveau de sinistre qui caracterise les populations déplacées et des obligations qui les siennes, ce membre de la chambre haute du parlement l’a adressé six (6) questions dont l’objectif est de porter haut le cris de détresse de nombreuses familles contraint d’abandonner leurs villages suite à l’activisme du M23 soutenu par le Rwanda:

  1. Quelle est la nature et la quantité de l’aide humanitaire que vous avez déjà eu à apporter aux déplacés de la guerre RDF-M23 depuis que ces événements ont commencé, comment avez-vous allouécette assistance aux déplacés de guerre ?,
  2. Combien y a-t-il de familles victimes que votre ministère a pu dénombrer et combien ont été effectivement assistées ?
  3. Quelle est la nature et la quantité qui a été apportée aux mêmes sinistrés par les agences humanitaires depus que ces déplacés sont autour de Goma?
  4. Quel est le rôle exact de votre ministère dans la conduite sur terrain des opérations des agences humanitaires?
  5. Pouvez-vous nous faire l’inventaire des dons que votre ministère a déjà reçu pour le compte des déplacés de guerre du Nord-Kivu et nous dire comment vous les avez géré?, Avez-vous des stocks disponibles ? Si oui, de quelle importance et de quelle nature?
  6. Quelle est votre politique en matière d’assistance aux déplacés de guerre, de manière générale et quel type des relations entretenez vous avec les agences humanitaires ?

Reprenant la parole après la défense du Ministre, Honorable Célestin Vunabandi a commencé par « le remercier pour les réponses apportées à ses questions pour clarifier beaucoup de zones d’ombre, particulièrement sur la responsabilité du gouvernement dans l’exécution du budget de l’État ».

Il a cependant dit « noté avec inquiétude que toutes les réponses fournies par ce membre de l’exécutif national n’ont pas rencontrées ses six (6) questions posées et n’ont pas été du tout satisfaisantes, qu’aucun chiffre spécifique n’a été donné sur les cas de déplacés de la guerre du M23 ». Célestin Vunabandi a tout de suite pensé que « le Ministre n’a pas soit compris ses six (6) questions ou alors les a délibérément évité étant donné qu’il est resté entièrement laconique, faisant aussi clairement transparaître que le gouvernement n’a aucun contrôle sur ce que font les agences humanitaires qui agissent sur terrain comme des électrons libres ».

Sur base des explications du Ministre concerné, l’élu des élus du Nord-Kivu a dit constaté encore que « le Ministère sous examen est tout sauf un vrai Ministère en charge des affaires humanitaires ; étant en réalité quasiment absent sur le champs des affaires humanitaires puisqu’intervenant épisodiquement avec des moyens dérisoires qui frisent le ridicule face à l’immensité des besoins ».

Ainsi détaillé, il a demandé ses collègues Sénateurs d’exercer une pression sur le gouvernement pour, non seulement chasser les terroristes du M23 du territoire national, mais aussi de s’occuper en toute urgence des déplacés de cette guerre injuste.

« […]Pour ma part chers collègues, je voulais insister sur une chose: qu’il nous revient entant que chambre haute du parlement de rappeler au gouvernement, tout en admettant que chasser les Rwandais et leurs supplétifs du M23 est une priorité et une urgence absolue, le gouvernement doit aussi admettre que s’occuper des victimes de la guerre, spécialement les victimes de la guerre du M23 est aussi une priorité et une urgence », a-t-il recommandé.

Et d’ajouter : […]Pour ne pas m’éterniser sur cette question, il ne me reste plus qu’à condamner encore une fois le gouvernement et particulièrement le Premier Ministre ainsi que le ministères des finances et du budget sur la manière dont la question humanitaire est gérée dans ce pays. Je condamne le gouvernement quant à la négligence coupable avec laquelle la question des déplacés de la guerre du M23 est gérée », a-t-il renchéri avant de « proposer à la chambre haute du parlement qu’une résolution soit adoptée pour enjoindre au gouvernement Sama Lukonde de réagir en toute urgence pour sauver les populations déplacées aujourd’hui en détresse ».

À la fin de son allocution, Honorable Célestin Vunabandi a recommandé au gouvernement de:

  1. Sortir de la logique des interventions ponctuelles et mettre un chronogramme d’intervention régulière en faveur des déplacés de guerre du M23 étant donné que cela fait plus de six mois que ces déplacés n’ont reçu aucune assistance du gouvernement portant sur les besoins essentiels de base dont la fourniture en eau et la couverture en médicaments ainsi que la nourriture et les bâches.
  2. Une quête de solidarité au sein du Sénat afin de manifester la solidarité des sénateurs pour assister les déplacés de l’Est,
  3. Renforcer les installations hygiénique des déplacés car actuellement affectés à masse par les maladies hydriques et par des infections respiratoires,
  4. Approvisionner en toute urgence le Centre de santé de Kanyarutshinya en médicaments et appuyer d’autres structures sanitaires autour du camps
  5. Penser aux déplacés qui sont dans les familles d’accueil à Goma

En somme, le Président National du parti politique de ACN a recommandé au gouvernement de « créer des conditions de retour des déplacés dans leurs milieux et leurs villages d’origine ; ce qui passe par l’éradication de ce malheur à savoir la neutralisation totale des terroristes du M23 et le renvoie sans condition de leurs supplétifs RDF ».

En effet, Rutshuru et Masisi deux territoires de la province du Nord-Kivu à l’Est de la RDC font face, depuis plus de deux (2) ans, à l’activisme des rebelles terroristes du M23 appuyés par l’armée Rwandaise. Les affrontements qui opposent ces sanguinaires aux Forces Armées de la République Démocratique du Congo, FARDC ont contraint plusieurs familles d’abandonner leurs villages respectifs par crainte des représailles de l’ennemi.

Dans les camps où ces familles se sont réfugiées, elles vivent péniblement car ne bénéficiant presque d’aucune assistance.

Des pertes en vies humaines y sont de fois déplorées suite à cette situation qui semble être loin de dire son dernier mot.

Beni, Philémon Kachelewa

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