Beni: l’adduction d’eau potable, par l’ONG WHH financée sous financement de l’Union Européenne, suscite l’éveil de conscience pour l’autoprise en charge en Zone de santé de Kamango

Beni: l’adduction d’eau potable, par l’ONG WHH financée sous financement de l’Union Européenne, suscite l’éveil de conscience pour l’autoprise en charge en Zone de santé de Kamango

Historique du succès

Depuis plus de deux décennies, la zone de santé de KAMANGO dans le territoire de Beni au Nord-Kivu a été victime d’un cycle des violences orchestrées par les groupes armés locaux et étrangers. Cette situation occasionne des mouvements récurrents de la population. Pendant les déplacements, la population abandonne tout. Ce qui occasionne le délabrement des infrastructures de base telles que les routes de dessertes agricoles, les ouvrages de distribution d’eau, les centres de santé, écoles…

Pendant le retour des populations, la vie reprend difficilement dans les villages à cause de l’accès difficile aux services sociaux de base. Pour faire face à cette situation, certains partenaires essaient de réhabiliter ou construire les ouvrages délabrés mais qui ne durent pas longtemps à cause du manque d’un bon système de gestion et maintenance.

Parmi les grands défis actuels de la zone, figure l’accès difficile à l’eau potable. La zone de santé de KAMANGO compte environ 170.608 personnes disséminées dans 14 aires de santé, mais seulement environ 40% ont accès à l’eau potable. La situation est tellement alarmante au niveau de trois aires de santé où il n’est pas facile de résoudre le problème à cause d’insuffisance ou manque des sources hygiéniques à capter. Ces aires de santé sont BUGANDO, MULOPYA et KITIMBA.

Cependant, il existe plusieurs sources à capter à plus ou moins 25 kilomètres sur le mont Ruwenzori qui peuvent desservir ces aires de santé de manière gravitaire mais la population n’a pas des capacités techniques et financières pour se construire des adductions d’eau pouvant répondre au besoin d’eau dans ces trois aires de santé.

La plupart de la population de ces aires de santé sont des pauvres retournés qui font recourt aux eaux de rivières et marécages impropres à la consommation pour des faits ménagers avec tous les risque de contracter les maladies hydriques.

Depuis décembre 2020, grâce au financement de l’union européenne, Welthungerhilfe (WHH) met en œuvre un projet multisectoriel de prévention de la malnutrition en zone de santé de MASEREKA et KAMANGO pour une durée de 36 mois. A travers ce projet, quelques infrastructures ont été construites pour faciliter l’accès aux services sociaux de base.

Parmi les infrastructures construites en zone de santé de KAMANGO figure un réseau de distribution d’eau qui dessert six (6) villages en eau potable à travers vingt deux (22) bornes fontaines publiques le long d’une distance de 22 kilomètres. Il y a également trois centres de santé connectés à ce réseau pour avoir accès à l’eau potable. Il s’agit des centres de santé Kamanzara, Njiapanda et Bugando. Ce réseau fonctionne de manière gravitaire avec un bac de décantation de 1 m³ et un réservoir de 60 m³. Les sources captées se situent sur le mont Ruwenzori dans le village Kaghando, aire de santé KAMANZARA. Les 8 dernières bornes fontaines du réseau se situent dans le village de BUGANDO (un des villages de l’aire de santé BUGANDO) où depuis son existence la population n’avait jamais eu accès à l’eau potable d’une source captée.

Jadis, la population de BUGANDO utilisait les eaux de rivières et marigots impropres à la consommation pour des faits ménagers et puisées à des longues distances ; ce qui prédisposait la population non seulement aux maladies hydriques mais aussi à des risques de viols surtout pour les femmes et filles à la recherche d’eau dans des mauvais endroits.

Les témoignages exprimés par quelques femmes rencontrées sur place à Gawa-Bugando en disent plus: « Nous nous sentons très satisfaits pour avoir été desservi pour la toute première fois en eau potable par WHH. Nous étions confronté à un réel et sérieux problème de franchir des longues distances pour aller puiser de l’eau, encore qu’il s’agissait d’une eau impropre à la consommation. Notre seul message est de remercier l’ONG WHH », dit madame Louise Kendakenda.

Rencontré entrain de puiser de l’eau à la borne fontaine de son village, madame Mayenga salut l’exploit de WHH qui les épargne désormais des risques auxquels les femmes étaient confrontées.
« Touver de l’eau était pour nous un casse tête. Avant cette intervention de WHH, les difficultés etaient si nombreuses. Nous étions notamment obligé d’aller puiser très loin et tenu de consommer une eau impropre. Nous sommes très contents », a-t-elle relatée.

Pour sa part, le Bureau Central de la Zone de la Santé de Kamango (BCZ) dédie la hausse du taux de couverture en eau potable à WHH dans son projet de construction des adductions. En plus de préciser que l’organisation humanitaire a répondu à un besoin pressant ressenti par la population, Monsieur Sulahiti Dongo Technicien de Développement Rural en zone de santé a fait part d’une légère amélioration dans la consommation en eau potable.

« Le projet a été une réponse à un besoin vivement exprimé étant donné que dans notre zone de santé la couverture en eau potable est en dessous de la moyenne et surtout avec l’insécurité, nous avons difficile à maintenir notre couverture d’autant plus que la population est toujours en mouvement. Le projet est intervenu au moment opportun. À Bahumu, la population consommait l’eau des marécages, des rivières et de pluie. Généralement la population consommait l’eau de Lamia, pourtant une source qui constitue le bastion des microbes. Avec cette intervention de WHH, l’impact est positif. Sur l’étendue de la zone, la couverture actuelle en eau potable est de 38%. Par contre, dans l’air de santé de BUGANDO, la couverture actuelle en eau potable est de 22,3% contre 11,7% avant le projet. Très satisfaits, nous saluons l’intervention de notre partenaire », a fait savoir le TDR BCZ.

Pour assurer la durabilité de cet ouvrage, une conscientisation de la communauté a été faite par WHH en se basant sur l’état de délabrement des ouvrages construits dans les autres aires de santé mais délabrés faute de manque d’un système de gestion et maintenance efficace.

A l’issu de cette démarche, les différentes couches sociales en collaboration avec les autorités locales ont décidé de redynamiser le système de gestion des ouvrages d’eau par la mise en place d’une structure de gestion et maintenance dénommée SECIDI (Société d’Entretien et
Construction d’Infrastructures pour le Développement Intégré).
La vision de SECIDI est de garantir l’accès à l’eau potable à toute la population de la zone de santé de KAMANGO par l’instauration d’une stratégie gagnant-gagnant entre la société et la population afin de promouvoir l’auto prise en charge au niveau de la communauté en matière d’eau, hygiène et assainissement.

WHH a assuré l’accompagnement juridique de SECIDI pour l’obtention des actes de fonctionnement et a facilité la signature du protocole d’accord entre SECIDI, la zone de santé et l’ETD (la chefferie) pour déterminer le rôle de chaque partie prenante dans la gestion et maintenance des ouvrages d’eau.
Actuellement SECIDI compte 14 volontaires associés issus des différentes couches sociales qui ont manifesté la volonté de donner leurs parts sociales pour le démarrage de la société. Les associés siègent en Assemblée générale pour interagir avec le gérant afin de traiter les questions liées au fonctionnement de l’entreprise. L’intégration des nouveaux adhérents est permis selon la prévision de statuts. SECIDI a une équipe de coordination constituée du département technique et financier qui sont chapotés par un Administrateur Gérant.
Le financement de SECIDI provient des parts sociales des membres, cotisations mensuelles de consommateurs d’eau et dons des différents partenaires.

Sur 14 aires de santé que compte la zone de santé de KAMANGO, SECIDI est déjà opérationnel dans 5 aires de santé pilotes. Des perspectives sont sur une bonne voie pour couvrir 3 nouvelles aires de santé afin de totaliser 8 aires de santé couvertes d’ici fin 2023.

Le défi majeur pour SECIDI est que la plupart des ouvrages d’eau à gérer sont dans un état de délabrement avancé alors qu’il y a une faible capacité de mobilisation de fonds au niveau des consommateurs pouvant permettre de réhabiliter ou de construire les ouvrages.

En plus, cette jeune structure a des faibles capacités logistiques pour répondre rapidement aux différents alertes liés aux pannes.

Enfin, il s’observe une faible capacitation de l’équipe technique sur les thématiques liées à l’eau, hygiène et assainissement.

La mise en œuvre du projet COD 1157 avec l’appui financier de UE a été un succès dans le domaine WASH car WHH a été à mesure de rendre pour la toute première fois l’eau potable à BUGANDO. En plus, La construction de cette adduction d’eau potable de KAMANZARA à BUGANDO a été le leitmotive de la mise en place d’une structure locale de gestion qui assurera la durabilités des ouvrages d’eau dans toute la zone de santé de KAMANGO.

Philémon Kachelewa

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